C’est un choc tout à fait légitime. Vous traversez ce qu’on appelle le deuil de l’enfant idéal, celui qui arrive dans l’insouciance. On passe brutalement du rêve d’une conception « intimiste et naturelle » à un projet « médicalisé et technique ». Ce sentiment de rejet que vous ressentez envers la PMA est une réaction normale.
« Accepter un parcours PMA » ne se résume pas à signer des consentements médicaux, c’est un processus émotionnel qui demande de traverser plusieurs deuils successifs. Il est difficile « d’ouvrir la porte » à la PMA si celle de la conception naturelle n’est pas encore fermée
Avant même de commencer, vous devez faire face à quatre pertes majeures :
- Le deuil de la conception naturelle : C’est le renoncement à l’enfant « fait sous la couette », à la surprise du test de grossesse un matin au réveil, et à l’intimité préservée du couple.
- Le deuil du « corps idéal » : C’est accepter que son corps ne fonctionne pas selon
les standards biologiques habituels. Cela peut générer un sentiment de trahison ou de défaillance. - Le deuil de l’insouciance : Le projet d’enfant devient un projet médical. On perd la légèreté pour entrer dans une gestion de calendrier, de doses et d’échéances.
- Le deuil du contrôle : En PMA, vous remettez votre projet le plus intime entre les mains de tiers (médecins, biologistes). C’est une perte de souveraineté sur son propre devenir parent.
➡️ Mon conseil n°1 : Autorisez-vous à être triste ou en colère. Ce n’est pas parce que la médecine propose une solution que vous devez sauter de joie immédiatement.
➡️ Mon conseil n°2 : Distinguez le but (devenir parent) du chemin (la conception). Le
chemin change, mais votre capacité à être parent reste intacte.
Avoir l’impression que la PMA est un « plan B » défaillant est légitime, mais elle est un allié quand le projet bébé tarde à venir, ce n’est pas un échec, c’est une décision et une opportunité pour arriver à destination.
➡️ Mon conseil n°3 : Reprenez le pouvoir sur le médical
– Le sentiment de « subir » est ce qui rend la PMA difficile à accepter.
– Vous avez le droit de poser toutes les questions afin de comprendre l’ensemble du parcours et protocole que l’on vous propose, ne laissez aucune zone d’ombre.
– Ce n’est pas parce que vous commencez un parcours que vous perdez votre liberté.
– Si vous avez besoin d’un mois de repos, ou plus pour faire une pause, prenez-le
➡️ Mon conseil n°4 : Ne restez pas seule avec la technique
Les centres de PMA s’occupent de vos cellules, pas de vos émotions !
– Faites-vous accompagner par un thérapeute spécialisé : Un espace où vous pouvez tout déposer, vous sentir écoutée, comprise, apprendre à réguler votre système nerveux, votre stress, être à l’écoute de vos ressentis, de vos émotions, de votre corps… Un accompagnement en sophrologie ou en thérapie
spécialisée est essentiel.
– la sophrologie peut être d’une grande aide, en travaillant en synergie et complémentarité avec votre centre PMA ou votre gynécologue, elle peut vous permettre de réintégrer la PMA comme une ressource et non comme une intrusion.
Vivre votre parcours en étant actrice, optimiser le mode « accueil » de votre corps, être plus résiliente,
– Se préparer aussi pour l’après PMA, pour vivre sa grossesse sereinement, ou pour entamer un processus de reconstruction nécessaire si le chemin doit prendre une autre direction. Se faire accompagner c’est s’offrir la possibilité de transformer une épreuve subie en un parcours de vie riche de sens, où chaque étape, quelle qu’en soit l’issue, est vécue avec dignité et bienveillance envers soi-même.
Retrouvez des astuces pour que la PMA ne dévore pas toute votre vie.